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Reprendre nos affaires en main!

À l’approche des élections, voici venue l’heure des bilans de l’action des majorités sortantes. De manière générale, ces bilans s’avèrent plutôt décevants pour celles et ceux qui ont cru aux promesses des partis dits « de gauche » qui, finalement, se sont contentés de gérer un système mortifère. Aucun gouvernement n’a opéré de réelle rupture avec les mécanismes d’oppression et d’exploitation, et cela même à Bruxelles où la coalition rouge-verte ne comptait pourtant que deux ministres étiquetés à droite (Open VLD et Defi). Bien sûr, « ça aurait pu être pire », ça le peut toujours. La menace de la droite et de l’extrême droite est bien réelle, pas seulement en perspective de résultats électoraux mais aussi étant donné la façon dont les options sécuritaires, antisociales et discriminantes s’installent de plus en plus facilement au sein des partis dits démocratiques. Heureusement que, malgré ce contexte morose, des résistances se sont organisées pour freiner cette course vers le mur. (...) Elles ont démontré que, ensemble, nous ne sommes pas prêt.e.s à nous laisser faire en abandonnant si facilement nos droits légitimes, fort.e.s de notre solidarité et de notre créativité collective. Dans le nouveau numéro de Mouvements, nous avons choisi de revenir sur certains enjeux qui nous paraissent essentiels pour les Bruxellois.es en perspective des élections du 9 juin.

A l’approche des élections, voici venue l’heure des bilans de l’action des majorités sortantes. De manière générale, il s’avère plutôt décevant pour celles et ceux qui ont cru aux promesses des partis dits « de gauche » qui, finalement, se sont contentés de gérer un système mortifère. Aucun gouvernement n’a opéré de réelle rupture avec les mécanismes d’oppression et d’exploitation, et cela même à Bruxelles où la coalition rouge-verte ne comptait pourtant que deux ministres étiquetés à droite (Open VLD et Defi).

Il y aurait pourtant eu de quoi opérer une réelle rupture ! La pandémie a démontré à quel point le système de santé est fragile et les lobbys pharmaceutiques sont puissants. Inondations et canicules ont coûté des vies dans le monde entier, notre pays y compris. L’explosion du prix de l’énergie et l’inflation des produits alimentaires ont lourdement pesé sur la qualité de vie, des plus précaires en particulier amis aussi de ladite « classe moyenne inférieure », alors que les salaires n’ont pas été revalorisés au-delà de l’indexation. Les logements bruxellois restent inabordables pour beaucoup dans un contexte où le bâti, même vieillissant voire insalubre, est considéré comme une marchandise (parfois très) lucrative pour certains. Les violences racistes et hétérosexistes restent structurellement ancrées et alimentées par des politiques injustes envers les femmes, les personnes sexisées, racisées, les étranger.ère.s –en particulier sans papiers ou en séjour précaire. Les travailleur.euse.s, avec ou sans emploi, avec ou sans papiers, restent sous pression d’un dumping social qui dégrade fortement leurs conditions de travail et de vie, leur santé physique et mentale. Les services (au) public(s) sont désinvestis, exposés à la concurrence du privé, numérisés et déshumanisés, compromettant d’autant plus l’accès aux droits fondamentaux, …

Bien sûr, « ça aurait pu être pire », ça le peut toujours. La menace de la droite et de l’extrême droite est bien réelle, pas seulement en perspective de résultats électoraux mais aussi étant donné la façon dont les options sécuritaires, antisociales et discriminantes s’installent de plus en plus facilement au sein des partis dits démocratiques. Heureusement que, malgré ce contexte morose, des résistances se sont organisées pour freiner cette course vers le mur. En Belgique comme dans le monde, le rapport de forces n’est pas favorable à notre camp social pour l’instant. La défaite de la résistance admirable des travailleur.euse.s de Delhaize laisse un sale goût amer. Malgré une mobilisation impressionnante et une large solidarité, les gouvernements et tribunaux ont refusé de prendre le relai pour imposer la défense des droits des salarié.e.s face à une multinationale débordante d’arrogance. Les actions, fortes, déterminées et émouvantes des travailleuses domestiques sans papiers ne sont pas parvenues à faire pencher le gouvernement bruxellois en faveur des droits des travailleur.euse.s sans papiers. Pas plus que les larges mobilisations autour de l’ordonnance Bruxelles numérique n’ont obtenu la garantie du maintien de guichets physiques dans les administrations de la capitale. Mais toutes ces actions n’ont pas été vaines. Elles ont permis de tisser des ponts entre usager.ère.s et travailleur.euse.s, entre travailleuses avec sans papiers, entre associations et habitant.e.s de Bruxelles. Elles ont démontré que, ensemble, nous ne sommes pas prêt.e.s à nous laisser faire en abandonnant si facilement nos droits légitimes, fort.e.s de notre solidarité et de notre créativité collective. L’année dernière, c’est sous pression de dizaines de milliers de manifestant.e.s que la Vivaldi a été contrainte d’abandonner la loi dite « anticasseurs », sous cette forme du moins. En Europe, les travailleurs de plateformes sont parvenus à obtenir une directive européenne qui, bien que minimale, consacre la présemption de salariat et ouvre ainsi la perspective d’une amélioration de leurs conditions de travail. Dernièrement, la grève féministe du 8 mars a été un succès en Belgique, avec des actions dans plusieurs grandes villes et une manifestation de 25.000 personnes à Bruxelles (ce que l’on n’avait plus vu depuis longtemps à l’occasion de cette journée de luttes !). De quoi redonner du courage, de l’inspiration et de l’énergie pour les combats à mener dans les mois et les années à venir.

Dans le premier numéro de Mouvements de 2024, nous avons choisi de revenir sur certains enjeux qui nous paraissent essentiels pour les Bruxellois.es en perspective des élections du 9 juin. Certains d’entre eux ont fait ou feront encore l’objet de soirées-débats dont vous retrouverez la programmation ou un compte-rendu sous forme de podcasts sur notre site mocbxl.be. Nous tenons en tous les cas à défendre ces priorités, aujourd’hui et demain, auprès des partis qui sollicitent les votes progressistes. Il s’agit pour nous de lignes rouges qui doivent conditionner la participation à de futures majorités ou à une future opposition à l’écoute et en appui des mouvements sociaux et syndicaux. Pour que la prochaine législature soit, avant tout, marquée par des luttes victorieuses vers une toute autre société, solidaire, juste, à la hauteur des défis et des besoins sociaux et environnementaux.

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