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Mouvements n°1 – L’enquête ouvrière

Edito : Se donner les moyens du monde d’après

Thomas Englert
Secrétaire fédéral du MOC Bruxelles

Pendant le COVID, nous avons été nombreux.ses à penser qu’il n’y aurait pas de « retour à l’anormal ». Pourtant, non seulement le monde n’est pas meilleur, mais il y a une accélération de la précarisation, des dérives autoritaires et de la mise en cause des mécanismes de solidarité. Le monde de demain auquel nous aspirons ne naîtra pas de lui-même, nous devons construire le rapport de forces suffisant pour l’imposer.

Trop souvent nous nous battons à reculons. Il y a des petites victoires, mais si on regarde les grandes tendances, la machine du tout au profit mange toujours plus des richesses produites aux dépens de nos salaires, de notre sécurité sociale, de notre système de santé et nos services publics,…  Et ce sont les personnes les plus précarisées, jeunes, femmes, racisées, qui paient en premier les conséquences.

En tant que mouvement ouvrier, nous sommes convaincus que les travailleur.euse.s détiennent le pouvoir de transformer leur réalité et, avec elle, le monde. Mais 40 ans de néolibéralisme ont fragmenté la société, crée des barrières entre les travailleur.euse.s : entre contrats stables et instables, entre différents statuts, entre salarié.e.s de différents employeurs sur le même lieu de travail, entre jeunes et vieux, migrant.e.s et nationaux, sans oublier les délocalisations,… Tou.te.s sont mis.es en concurrences avec tou.te.s. Les plus précaires sont isolé.e.s. Reconnaissons que nous avons de plus en plus souvent du mal à dépasser ce morcellement.

Face à la difficulté, nous avons fait le choix de revenir à nos fondamentaux. L’enquête fait partie de l’ADN du Mouvement Ouvrier Chrétien. Elle met au centre, les expériences de travail, de vie et d’organisation de la classe travailleuse. Elle est un outil aux mains des travailleur.euse.s pour systématiser leurs points de vues et ceux de leurs camarades sur leurs quartiers et leurs entreprises. C’est un outil de mobilisation, qui identifie dans notre entourage direct les ressources à notre portée que nous pouvons mobiliser pour rompre l’isolement, résister à l’exploitation et, pourquoi pas, mettre fin aux dominations. C’est une approche qui situe le pouvoir d’agir dans l’action collective des classes populaires, plutôt que dans les gouvernements, chez des experts, ou dans les salons des riches et des élites.

Dans notre perspective, l’enquête est un outil afin de se remettre en question, pour se tourner résolument vers les classes populaires et travailleuses. C’est mettre au centre de notre action la conviction que c’est dans leurs mouvements, leurs expérimentations, que nous trouverons les ressources et outils pour construire les rapports de forces nécessaires à de nouvelles victoires. Le mouvement ouvrier est et doit continuer à être un instrument à leur service. Dans le nouveau contexte qui est le nôtre, c’est notre responsabilité d’explorer de nouvelles façons de le faire.

 

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