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Rencontre avec Ambet Yuson • Projet Papyrus : Régularisation des travailleurs sans-papiers à Genève

Ambet Yuson, secrétaire général de la fédération internationale des travailleurs de la construction et forestiers a rendu visite le 29 août à la Ligue des travailleuses domestiques de la CSC Bruxelles. Syndicaliste militant résidant à Genève, il a témoigné de son expérience en tant que membre actif de la communauté philippine au projet pilote Papyrus de régularisation des travailleurs-euses sans papiers. Magali Verdier, animatrice au MOC de Bruxelles présente lors de cette rencontre s’entretient avec lui.

Magali Verdier : Pourriez-vous vous présenter ?

Ambet Yuson : Je suis philippin, habitant à Genève, et j’appuie la communauté philippine. Je suis également un syndicaliste, je suis le secrétaire général de construction et wood workers au niveau international. Evidemment, nous sommes en solidarité avec nos frères et nos sœurs qui travaille dans le secteur domestique.

MV : En tant que résidant à Genève, pourriez-vous nous parler de l’expérience Papyrus et quels points souhaiteriez-vous en relief pour le combat de travailleurs-euses domestiques ici à Bruxelles ?

AY : Le projet Papyrus a été mis en place dans le canton de Genève, pour la régularisation des travailleurs-euses domestiques, c’est un moyen pour ces personnes de travailler légalement à Genève, avoir accès à un appartement, avoir accès aux services de santé, avoir une place dans la société. C’est un programme appuyé par les syndicats et des ONGs. Ça été une lutte de 10 ans qui a une réponse du gouvernement qui a octroyé ce statut à environ 2400 travailleurs-euses. A la fin de cette année, il devrait y avoir 3000 personnes qui devrait avoir un permis de travail. Ce programme est très pragmatique, ce qui est exigé comme document est très simple. Pour ce faire, on doit prouver qu’on a une autonomie financière, que l’on a un certain niveau de français, un casier judiciaire vierge. Il n’y a pas besoin de la permission de l’employeur, ce qui est bien, si ces personnes ont une famille, les enfants doivent être là depuis au moins 5 ans et pour les autres sans famille 10 ans.

Un autre aspect ce programme, c’est que les syndicats en étaient partie prenante. Le syndicat suisse a fourni un service d’assistance, c’est important, parce que les travailleurs-euses ont peur de faire les démarches administratives, parce que si ce n’est pas correct, ielsont peur d’être expulsé-e-s. Donc, cela veut dire que le syndicat aide ces travailleurs et travailleuses à remplir le dossier pour s’assurer que tout soit en ordre au moment de le remettre aux autorités compétentes. Et le syndicat peut leur conseiller de ne pas remettre le document si cela n’est pas absolument sûr.

La communauté philippine a joué un rôle important en accompagnant les personnes, en fournissant des traductions en français et aussi en terme de solidarité en informant la communauté de ce qui se passait et les incitant à faire les démarches.

MV : Y avait-il d’autres communautés engagées dans ce processus ?

AY : Oui, bien sûr, il y avait la communauté latino, les portugais, les africains. Mais évidemment en tant que philippin, j’étais davantage investi dans la communauté philippine.

MV : Pourriez-vous nous en dire un plus sur la mobilisation ?

AY : Oui, cela a été une lutte comme je le disais de 10 années. Nous avons participé aux manifestations, nous avons appuyé le travail de lobbying à Genève et à Bern. Beaucoup de travailleurs-euses philippin-ne-s ont rejoint le syndicat parce qu’iels pensent que le syndicat est très important. La plupart des membres du syndicat ne sont pas suisses mais des migrants. Les syndicats fournissent des services, des infos légales, des documents nécessaires, de la traduction. Je me souviens de la première fois où le syndicat a appelé au début de la mise en place du programme en 2017 à une assemblée pour expliquer ce programme. Environ, 4000 personnes sont venues

MV : Avez-vous une idée de combien de personnes sans papiers n’ont pas eu accès à ce programme ?

AY : Je ne sais pas exactement. Mais une bonne indication de cela est la période Covid où des groupes de soutien fournissait de la nourriture, il y avait des queues interminables pendant des jours et des jours. Cela montre qu’à Genève, il y avait beaucoup de travailleurs-euses sans papier de l’économie informelle qui ne pouvaient pas de nourrir. Iels n’ont pas accès à allocations chômage. Le gouvernement a mis en place des systèmes d’aide à destination des sans-papiers qui n’avaient pas pu travail pendant la crise. Mais beaucoup n’ont pas osé de peur de sortir de l’anonymat. Dans notre expérience, le syndicat constitue une protection pour ces travailleurs-euses parce qu’ils ont peur. Mais, c’est très important pour la communauté philippine de garder un contact avec le syndicat

MV : Est-ce que ce programme a eu un impact sur la relation entre les travailleurs et leurs patrons ?

AY : Le programme Papyrus a eu un impact positif, parce que maintenant c’est un programme légal qui a sensibilisé beaucoup d’employeurs.

MV : C’est-à-dire ?

AY : C’est-à-dire qu’ils ont appris qu’ils ont l’obligation de payer le salaire légal, qu’ils ont l’obligation de cotisations pour les pensions, que l’on appelle AVS et qu’ils doivent garantir l’assurance maladie.

MV : Est-ce que le fait que les employeurs devaient payer les personnes davantage n’a-t-il pas été un obstacle pour certains employeurs ? Je vous pose cette question, parce que c’est un argument que certains employeurs pourraient rétorquer.

AY : oui, bonne question. Nous avons des conversations à ce sujet avec des travailleuses domestiques sans papier qui nous rapportent que les employeurs en payant bien les personnes en voit le bénéfice en termes d’efficacité de leur travail. Et puis, il n’y a plus d’inquiétude, les employeurs ne doivent plus se cacher. Et bien sûr, le gouvernement met en place les procédures pour que les employeurs régularisent la situation et paient correctement leurs employé-e-s. Ce que l’on entend, c’est qu’il n’y a pas eu beaucoup d’opposition. Cela donne une stabilité, parce que les employeurs ne veulent pas perdre leur travailleuses domestiques

MV : Vous avez rencontré la Ligue des travailleuses domestiques. Qu’aimeriez pointer comme éléments pour leur lutte et plus largement celles de toutes personnes sans papiers ?

AY : Je pense qu’il y a de l’espoir. Je pense que si l’on cible des responsables politiques qui sont sensibles aux travailleurs-euses sans papiers.. La deuxième chose, c’est d’organiser « nos troupes » afin que nous puissions négocier, on a du pouvoir si on est nombreux et le syndicat belge c’est vraiment très important.




Le salariat et la survie des coursiers

Par Nada Ladraa,
CIEP-MOC Bruxelles

Ces six derniers mois, les JOC et le MOC de Bruxelles ont commencé un travail de rencontre avec les jeunes travailleur.se.s d’aujourd’hui, en particulier avec les coursiers UberEats, Deliveroo et TakeAway réuni.e.s autour du collectif Coursiers en Lutte. Avec ces travailleur.se.s, un constat historique, politique et économique a été posé : d’une part, la capacité des anciennes puissances coloniales de garder le contrôle économique sur les ex-colonies, d’autre part les luttes historiques de la classe ouvrière belgo-européenne ont conduit à des victoires sur le statut et la protection des travailleur.se.s, notamment grâce à la protection sociale et au statut d’employé.e ou ouvrier.ère couvert par un contrat à durée indéterminée. Le collectif Coursiers en Lutte est témoin en première ligne de la détérioration de ces droits.

Un des enjeux principaux que les coursiers observent est la question du statut du travail. Comme indique l’accusation portée par l’auditorat du travail sur Deliveroo, un travailleur qui participe de manière constante et sur une longue durée à la vie économique d’une entreprise est censé être reconnu comme un travailleur salarié avec des droits de protection et de devoirs de présence sur le lieu de travail aux horaires et selon les modalités convenues.

Pourtant, un travailleur Deliveroo d’aujourd’hui se retrouve à travailler à des horaires plus ou moins constants, payé à la commande et sans protection sociale ni assurance suffisante. Ce constant avait, au début, poussé le collectif à réfléchir aux manières pour obtenir la reconnaissance de leur travail en tant que travail salarié. Par contre, au fur et à mesures des discussions qui ont engagé leur vécus en tant que travailleur.se.s, le collectif est très vite arrivé à des conclusions qui ont remis en question le salariat pour plusieurs raisons.

Une des raisons est fortement mise en avant par les travailleur.se.s de TakeAway et par U. qui a aussi travaillé pour TakeAway. Sa réflexion soulignait que cette entreprise hollandaise a effectivement mis en place un salariat qui, par contre, s’est traduit dans les faits en intérim permanent. Tous les membres du collectif qui travaillent pour TakeAway sont effectivement sous contrat journalier intérimaire, où, non seulement le patron a le pouvoir de contrôler comment ils et elles travaillent, mais ils restent quand même dans un travail où ils n’ont pas de certitude : tout le monde peut être « viré » du jour au lendemain par un simple contrat non renouvelé.

S’ils ont bien un salaire horaire minimum garanti, ils n’ont par contre pas de minimum ni de maximum d’heures garanties. Quasi tous les membres du collectif ont eu un accident à cause des vélos orange TakeAway de très mauvaise qualité. Selon O. ce sont des motifs pour lesquels Uber et Deliveroo sont meilleures, idée que J. rejoint aussi. J., travailleuse pour TakeAway, explique qu’elle n’a pas assez d’heures par semaine, ce qui l’a poussée à s’inscrire chez Uber où « au moins nous pouvons travailler autant qu’on veut, même si il n’y a pas un minimum horaire, nous sommes payé.e.s à la commande ». Elle continue : « Je peux aussi choisir mon moyen de travail sans être forcé.e à utiliser celui proposé par TakeAway ».  Par contre, O., qui travaille maintenant à la fois pour Deliveroo et Uber, ne se dit pas très satisfait non plus. D’une part il voit la solution du salariat comme un escamotage qui, oui, légalise officiellement les plateformes de livraison sans pour autant garantir un salaire fixe grâce aux contrats intérimaires. D’autre part, le payement est fait par commande. Si une personne est sous le statut P2P – économie collaborative, loi De Croo 2018 – peu importe la distance à faire, 300m ou 10km, le payement de 4,50 euros est le même. Uber et Deliveroo ont toujours la possibilité de bloquer un compte, donc « virer » un des travailleurs à tout moment.

Des Coursiers en Lutte témoignent également que ce travail doit fournir le revenu mensuel pour des personnes qui doivent payer toutes les charges d’une vie quotidienne autonome, voire d’une vie familiale. Une chercheuse de la VUB a récemment montré que, statistiquement, la moitié des travailleur.se.s ont entre 30 et 40 ans. Selon Y., beaucoup de ces travailleur.se.s ont perdu leur travail pendant la crise COVID-19.

H. et N., travailleur.se.s sans titre de séjour légal pour Uber, expliquent qu’il y a aussi beaucoup de personnes sans-papiers de tout âge qui y travaillent. En effet, une grande partie de la force de travail Uber et, en partie, Deliveroo est constituée par des travailleur.se.s sans-papiers qui louent le compte sur lequel iels travaillent. Ce processus de location illégale prévoit qu’une personne qui a un titre de séjour belge ouvre un compte (il faut avoir un permis de travail en Belgique) et loue ensuite à des personnes sans-papiers. Le coût varie, des exemples que nous avons rencontrés c’est de louer à un prix de 60% des revenus par semaine, soit 1000 à 1500 euros par mois.

Malheureusement avoir les chiffres est extrêmement difficile mais ceux et celles qui sont sur le terrain affirment qu’au moins 50% des coursiers sont sans titre de séjour. Dans le cas d’une imposition salariale, cadre qui rend impossible le travail des sans-papiers, la tentative d’amélioration des conditions des travailleur.se.s pourrait donc supprimer le travail de toutes ces personnes. Pour P., qui a un travail à temps plein insuffisant auquel il ajoute des heures Uber, le salariat est donc une mauvaise idée : pour lui, pour les personnes sans-papiers, pour les travailleur.se.s qui complètent leur chômage ou CPAS avec Uber et Deliveroo. C’est une idée largement partagée parmi les travailleur.se.s Uber et Deliveroo. « Surtout que » ajoute J. « notre expérience avec TakeAway nous a montré qu’on devient tou.te.s des intérimaires même après plus d’un an ».

Quelle est donc la solution ? Pour l’instant le collectif hésite, les constats et réflexions des dernières semaines indiquent que la réponse du salariat a sans doute besoin d’un soutien et d’une réflexion politique plus forte que l’aspect bureaucratique-légal et, surtout, mieux située sur les enjeux des vécus précaires qui se ramifient en touchant plusieurs autres questions : l’exploitation de la main d’œuvre sans-papiers, les revenu du CPAS et du chômage insuffisants, les problématiques des travailleur.se.s intérimaires qui se normalisent petit à petit.




Tapis rouge pour la Ligue des travailleuses domestiques de la CSC Bruxelles

A l’occasion de la journée internationale du travail domestique, la Ligue des travailleuses domestiques dénonce devant le théâtre de la Monnaie l’inertie politique face aux violences faites aux femmes sans papiers Elle interpelle les gouvernements bruxellois et fédéral afin qu’ils prennent enfin leurs responsabilités contre les violences de genre et la surexploitation dont sont victimes les travailleuses domestiques sur leur lieu de travail et plus largement toutes les personnes sans papiers.

MOINS




Position du MOC Bruxelles sur la grève de la faim des sans-papiers

Le MOC de Bruxelles et ses organisations (Acv-Csc Brussel/BruxellesJOC BruxellesEquipes Populaires BruxellesVie Féminine Bruxelles, Mutualité Saint Michel) dénoncent l’attitude irresponsable du secrétaire d’Etat à l’immigration et la position politique de l’ensemble du gouvernement. Nous appelons à la régularisation pour mettre fin à la politique de l’impasse.

Ce mardi 25/05, les 700 personnes sans-papiers qui occupent l’église du Béguinage, la VUB et l’ULB, ont annoncé, par communiqué, leur entrée en grève de la faim. Le secrétaire d’Etat Sammy Mahdi a réagi cyniquement répondant que leur action ne changerait rien. Simultanément, son cabinet annonce 20 millions d’euros d’investissement « dans le retour » y compris pour les familles avec enfants. Ce sont pourtant ces politiques qui nous ont menés à la situation actuelle.

La présence de personnes dites « sans-papiers » est le résultat de l’absence de politique migratoire organisée depuis 40 ans. Ce choix condamne non seulement des êtres humains à la clandestinité et les prive de leurs droits les plus fondamentaux, mais il crée une main d’œuvre qui n’a d’autre choix que l’exploitation pour survivre. Alors qu’ils produisent de la richesse en Belgique, le gouvernement belge livre ces travailleur.se. aux mains de patrons peu scrupuleux, des marchands de sommeil, etc.

Privés d’une véritable existence administrative et de la protection de l’État, ces hommes, ces femmes et leurs enfants luttent au quotidien pour leurs droits à la santé, à la justice, au logement, au travail, à vivre en famille, à la liberté, à l’égalité, à la dignité. Dans leur lutte pour la régularisation, ils ont tout essayé. Mobilisés à leurs côtés, le MOC et ses organisations constatent la politique du déni et de l’impasse pratiquée à tous les étages depuis trop longtemps.

Il suffirait de « 5 min de courage politique » pour reconnaitre que la régularisation est la seule voie mais aussi une solution positive pour les travailleurs avec et sans-papiers, pour la sécurité sociale et pour le PIB belge. La plupart des acteurs le savent, mais tremblent devant l’extrême droite. Pourtant, la politique répressive et d’exclusion crée la figure de « l’étranger dangereux » sur laquelle se construit la propagande raciste.

Les occupants le disent clairement ; pour eux la décision de mettre leur santé, voire leur vie en péril, est l’ultime réponse à une politique qui les exclut consciemment par calcul politique. La responsabilité de cette situation incombe directement au gouvernement et en particulier à Sammy Mahdi qui s’acharne à défendre l’arbitraire du pouvoir discrétionnaire et les expulsions.

Le MOC et ses organisations appellent donc Monsieur Mahdi, l’ensemble du gouvernement ainsi que les partis qui le composent à mettre en œuvre d’urgence :

  • la possibilité de porter plainte dans le cadre des directives victimes et sanctions et du droit international contre des situations d’exploitation et de violence en étant protégé.e.s par un titre de séjour pour mettre fin à l’exploitation et au dumping social.
  • la révision de la loi de 1980 pour mettre en place une procédure de régularisation prise en charge par une commission indépendante et basée sur des critères permanents, clairs, objectifs et inscrits dans la loi.
  • L’assouplissement du dispositif Permis Unique afin de rendre possible l’accès au permis de travail

Si le gouvernement et monsieur Mahdi s’acharnent à pousser des hommes, femmes et enfants dans une voie sans issue, ils devront en assumer la responsabilité. Nous appelons l’ensemble des acteurs de la société civile et de la politique à prendre position pour le leur rappeler.

L’union des sans papiers pour la Regularisation, Coordination des sans-papiers de Belgique, Travailleurs.ses Migrants.tes avec et sans papiers de la CSC Bruxelles, Parti Socialiste (PS) Ecolo CD&V
#Regularisation #ULB #VUB



DES PAPIERS ET DES ROSES

Pour le 8 mars, des femmes sans papiers de tous horizons, des femmes de l’occupation de la VUB et de la Ligue des Travailleuses domestiques (CSC-Bruxelles) se sont retrouvées pour rédiger un manifeste avec la complicité de axelle magasine, leur manifeste de la Journée internationale des droits des femmes. Elles ont pensé leur texte à partir de Bread and Roses, un slogan prononcé pour la première fois par Helen Todd, une suffragette américaine au début du 20siècle et régulièrement repris par les féministes pour exiger de meilleurs salaires, mais aussi le droit de vivre dignement. Le 8 mars, également jour de grève féministe pour la 3e année en Belgique, elles l’ont lu devant la foule rassemblée gare Centrale.

Nous les femmes sans papiers,

Nous gardons et élevons les enfants

Nous nous occupons des personnes malades

Nous prenons soin

Nous nettoyons

Nous ne faisons pas que tenir votre ménage, nous veillons aussi au bien-être des foyers où nous travaillons

Nous nous engageons

Nous avançons

Si nous nous arrêtons, ce n’est pas seulement la Belgique qui s’arrête,

Si nous nous arrêtons de travailler et d’envoyer de l’argent à nos familles, c’est aussi l’économie de nos pays qui s’écroule

C’est pourquoi ce 8 mars, nous chantons, nous crions

Du pain, des papiers et des roses !

Pour… sortir de la condition d’objet dans laquelle on nous enferme et être considérées comme humaines

Pour… apprendre, suivre une formation, exercer sa profession d’architecte, d’esthéticienne ou de poète

Pour… pouvoir déposer une plainte en cas de violences ou d’abus

Pour… avoir le droit d’ouvrir un compte en banque

Pour… garantir notre avenir et celui de nos enfants

Pour… marcher sans crainte et circuler librement

Pour exister !

C’est pourquoi ce 8 mars, nous chantons, nous crions

Du pain, des papiers et des roses !

Un salaire juste et de la considération

Un travail et de la reconnaissance

Un logement et des projets

Une vie comme les autres et de la dignité

L’intégrité et la fierté

Force, Joie et Solidarité

Pour rester debout,

Et s’ouvrir comme des roses

Nous chantons, nous crions

Du pain, des papiers et des roses !




Formulaire de plainte des travailleurs.euses sans papiers

Les formulaires seront utilisés pour construire un plaidoyer politique auprès du ministre régional de l’emploi et mettre en avant la demande d’application de la Directive européenne dite Sanctions et le principe supérieur de la Victime.

Dans le cadre de cette directive, tout travailleur.se sans papiers a le droit introduire une plainte contre un patron abuseur. La finalité de cette action est de récolter le maximum de plaintes de travailleurs.es sans papiers. L’idée est de montrer l’ampleur de l’exploitation de travaillueurs.es sans papiers sur le marché du travail bruxellois.




Entretien avec Marilou de la Cruz, représentante de la Ligue des travailleuses domestiques de la CSC Bruxelles.

Le 8 octobre, à l’occasion de la projection du documentaire Overseas portant sur les travailleuses domestiques philippines suivant une formation pour travailler à l’étranger, Manon Legrand du magazine Axelle s’entretient avec Marilou de la Cruz, représentante de la Ligue des travailleuses domestiques de la CSC Bruxelles [1]

Manon Legrand : ce film montre une partie de votre vie. Vous auriez pu être dans ce film. Pourriez-vous nous expliquer votre histoire, des Philippines à la Belgique ?

Maria de la Cruz : Ma famille vit aux Philippines. J’ai deux filles. En 2011, j’ai quitté le pays. J’ai été directement engagée par un diplomate italien, mais à la fin de son affectation en 2017, je suis devenue sans-papiers. Mon expérience personnelle n’est pas très éloignée de ce que vous avez vu dans le film « Overseas » qui traite de la formation des femmes qui sont sur le point de travailler comme domestiques dans différents pays. J’ai également suivi ces cours avant de venir en Belgique sans savoir ce qui m’attendait… Vous vous imaginez ? Certain-e-s trouvent notre travail insignifiant, d’autres peuvent nous traiter comme des travailleuses non-qualifiées ; mais croyez-le ou non, les baby-sitters contribuent énormément à notre société. Nous nous occupons aussi de personnes âgées et d’enfants.  Et qui sait ? À l’avenir, l’un-e de vos enfants pourrait devenir la personne la plus puissante du monde !

Pouvez-vous nous expliquer en quoi votre travail est si important ici et essentiel pour l’économie ?

Sans nous, notre économie pourrait s’effondrer ! Cela peut sembler ridicule ou absurde, mais c’est la vérité. Il y a une forte demande de travailleuses domestiques dans le monde entier. Si nous arrêtons de travailler, l’économie s’arrêtera aussi ! Que ce soient des politiciens, des capitalistes ou simplement des familles ordinaires, iels ont besoin de nous ! Pendant que qu’eux, les politicien.ne.s, sont occupés à élaborer des politiques sur le changement climatique ou les droits de l’homme, nous, travailleuses domestiques, sommes occupées à mettre de l’ordre dans leurs maisons.

Dans ce film, nous ne voyons qu’une partie de ce travail.  Ce que nous ne voyons pas, c’est le fait que ces femmes ne suivent pas seulement une formation technique. Elles se préparent aussi à la partie la plus difficile de ce travail – qui est non seulement physiquement épuisant, mais aussi mentalement et émotionnellement douloureux. Aucune formation ne peut nous préparer à la lutte que nous devons mener. Mais nous sommes beaucoup plus résistantes que ce que l’on pense. Certaines d’entre nous sont diplômées, et même s’il n’y a pas de reconnaissance, cela prouve quand même que nous sommes suffisamment qualifiées. Celles qui étaient autrefois enseignantes, infirmières et comptables reçoivent maintenant des ordres de leurs employeurs – et il n’y a absolument aucune honte à ça. Parce que nous sommes plus que capables de faire un travail décent.

Ce que vous dites, c’est que vous participez à l’économie mondiale. Nous avons entendu dans le film que le gouvernement philippin dit que vous êtes « les héroïnes ». Malgré cela, vous êtes exploitées, vous n’avez aucun droit. Pouvez-vous nous expliquer de quelle manière vous êtes exploitées ?

Souvent, dans notre travail, nous sommes victimes d’abus et d’exploitation, surtout parce que nous sommes sans papiers. Nous ignorons aveuglément les abus de nos employeurs afin de garder notre emploi. Beaucoup d’entre nous travaillons beaucoup d’heures, mais nous restons sous-payées. Nous n’avons pas d’assurance maladie. Nous n’avons pas le droit de prendre des vacances parce que « pas de travail, pas de salaire ». C’est du travail bon marché qui profite surtout à l’État et aux employeurs ! Parce que vous savez bien que nous, les travailleuses sans papiers, nous n’avons pas d’autres options. Tout cela fait partie des « mesures d’austérité  » que l’on applique.  On profite de notre situation !

Pendant cette pandémie, nous faisons partie des personnes les plus vulnérables de notre société simplement parce que nous ne pouvons pas nous permettre de tomber malade. Le gouvernement prendra-t-il soin de nous si nous sommes infectées ? Nous n’avons ni assurance, ni protection, ni sécurité.

Malgré notre situation, certaines membres de la Ligue ont même répondu à l’appel du gouvernement de Bruxelles pour que des masques soient fabriqués gratuitement pour les citoyens. N’est-ce pas ironique ? Faire des masques pour les citoyens sans recevoir aucune compensation ni reconnaissance ! Une fois encore, les travailleuses sans papiers s’occupent des autres et ne sont pas prises en charge !

Y a-t-il une solidarité entre les femmes philippines et d’autres travailleuses en général comme nous pouvons le voir dans le film ?

Oui, nous nous occupons les unes des autres. Par exemple, si une femme perd son emploi, nous l’aidons, pour en trouver un. Quand les femmes viennent en Belgique et n’ont pas de logement, nous les hébergeons. C’est la même chose pour les femmes des autres communautés.

Face à cette situation, pouvez-vous nous dire quelles sont les actions et les revendications de la Ligue ?

Nous devons agir ! Nous, les travailleuses et travailleurs sans papiers, devons contrer les promesses vides de sens des politicien-n-e-s. Ça suffit ! Nous avons besoin de votre soutien ! La Ligue des femmes travailleuses domestiques appelle le monde politique à nous reconnaître. Soutenez notre appel à la régularisation. Prenez soin de nous comme nous prenons soin de vos familles. Nous continuerons à nous battre jusqu’à ce que iels nous entendent. Nous continuerons à marcher jusqu’à ce que qu’iels signent nos papiers. Nous venons de différents pays, nous parlons différentes langues, mais nous, la Ligue des femmes travailleuses domestiques sans papiers, quand nous sommes dans la rue, nous parlons la même langue : solidarité, union et régularisation.

En tant que Ligue, nous nous menons un combat syndical au sein du « Comité des travailleuses-eurs migrant-e-s sans papiers » de la CSC avec le soutien d’individus et d’organisations qui croient en nous, qui croient en notre importance – en notre existence ! Le plus important, c’est que nous soyons entendues. Nous appelons toutes les femmes à s’exprimer. C’est une lutte pour les droits des femmes, une lutte féministe qui profitera non seulement tous les travailleurs sans papiers mais aussi à tous les travailleurs avec papiers. Ne nous arrêtons pas ! Portons toutes et tous de notre voix au plus fort en appelant à la régularisation maintenant.




L’enquête militante au MOC Bruxelles : le formulaire de plaintes des sans-papiers et les récits de la Ligue des Travailleuses Domestiques

Pietro Tosi et Magali Verdier,
animateur/trice CIEP Bruxelles

On ne reviendra pas à la normale, parce que la normale était le problème.

L’enquête ouvrière comme méthode d’analyse et de formation politique
La pandémie de Covid-19 a déstabilisé la société dans son ensemble, à la manière d’un fait social total[1], c’est-à-dire un fait qui bascule chaque individualité en faisant basculer la société toute entière. Comme tel, cela nous oblige à réinterroger notre regard sur les individualités à travers le prisme du contexte et des changements qui les traversent.

Dans ce sens, il nous a semblé important de revoir notre travail social en regardant les changements que cette crise a provoqués dans la réalité que l’on vise à modifier radicalement, l’impact sur la conscience, les conditions de vie et de travail de notre public : les travailleurs.es sans-papiers.  A cette fin, le MOC de Bruxelles a initié un projet sur l’enquête ouvrière avec les travailleurs.es sur leur réalité sociale, d’une part comme outil de description du réel, mais aussi comme pratique de formation militante et d’action collective.

Un processus collectif de description des réalités permet à l’individu interrogé et interrogeant de concevoir comment et où modifier une réalité sociale.  A travers ce processus,  on rentre dans une dynamique de dépassement de la frontière entre « enquêteur-se-s » et « enquêté-e-s »[2]. Le-a militant-e sans-papiers s’interroge sur sa réalité via l’enquête et en même temps découvre d’autres réalités et d’autres lieux d’exploitation tout en discutant sur comment les combattre.

L’enquête constitue ainsi la réponse à une question : comment la description d’une situation peut-elle participer à la production d’une subjectivité capable de la transformer ? Cette question se révèle ainsi traversée par deux axes de travail – la description de la réalité productrice de militant.e.s et la nécessité de voir les espaces d’une coordination de foyers de luttes[3]. L’enquête peut devenir donc un instrument d’organisation collective et de formation politique.

Les prémisses d’en enquête ouvrière pendant le confinement : récolte de récits de la Ligue des travailleuses domestiques
Pendant la période de confinement, notre mouvement a donc été confronté de plein fouet par les conditions de vie de nos militant.e.s sans papiers. Pertes sèches de revenus, peur des contrôles policiers, logements vétustes dans la promiscuité, etc. Face à cette situation, nous voulions absolument rendre compte de leurs expériences de vie, de leurs stratégies de survie, de leur résistance au quotidien, de leurs émotions, leurs colères, leurs questionnements sur la gestion et les causes profondes de cette crise. Nous avons commencé ce travail en proposant à des militantes de la Ligue des travailleuses domestiques d’écrire des lettres à leurs proches dans leur pays d’origine sur leurs réalités sociales. Ainsi témoigne l’une d’entre elles « Depuis notre arrivée, j’étais heureuse de voir ma fille et mes neveux progresser à l’école ; entre ma sœur, mon beau-frère et moi, nous pouvions couvrir les dépenses annuelles. Tout cela semblait très encourageant mais soudain nos rêves ont été anéantis. Jenny, la pandémie ne fait que causer des décès dans le monde, elle tue l’économie des plus pauvres ainsi que nous les migrants sans papiers…qui avons été renvoyés par nos employeurs le 13 mars et ce jusqu’à nouvel ordre. C’est à partir de là que commence notre cauchemar car tout le temps où ne travaillons pas, nous ne sommes pas payées. »

Ces lettres nous révèlent le quotidien des travailleuses domestiques à Bruxelles, leur indignation face à des employeurs confinés dans leurs demeures luxueuses et ne se souciant aucunement de leur situation, ainsi que leur colère face à l’exploitation économique. Elles témoignent également de manière brutale de la « panne » de la machine de la chaîne internationale globale du soin : plus aucun transfert d’argent des travailleuses domestiques à leur famille au pays d’origine. Ces lettres ont soudé les femmes malgré leur isolement, elles se sont créé une identité commune, elles ont posé les jalons pour des questionnements sur les causes de cette crise qui ont conduit à un échange sur cette problématique. Elles ont contribué à leur participation à des actions dans l’espace public.

Le formulaire de plainte
Outre des lettres, nous souhaitons approfondir notre travail l’enquête ouvrière sur l’exploitation socio-économique des travailleurs.es sans papiers via la récolte d’informations sur les conditions de travail. Ce travail sera à la fois un outil de récolte des conditions de vie, de formation, d’analyse collective des situations vécues et d’actions transformatrices. Concrètement, il s’agit de mettre sur pied la récolte de formulaires de plainte.

Toute personne sans-papiers peut introduire auprès de l’inspection sociale une plainte contre un employeur peu scrupuleux, à cause de l’exploitation sur son lieu de travail. Nous utiliserons ce moyen avec les militant.e.s à une double fin : recueillir un nombre de plaintes important et documenter les réalités de situations d’exploitation de travailleurs.es sans papiers dans la période de crise covid19.

Outre les réalités de travail décrites, ces formulaires montreront l’ampleur du phénomène d’exploitation des travailleurs.es sans papiers sur le marché du travail bruxellois. Ils constitueront un moyen de pression sur l’opinion publique et le monde politique.  Ils seront également un outil pour les sans-papiers pour chercher d’autres sans-papiers et discuter avec eux et elles comment y répondre collectivement.

Ils seront enfin utilisés pour construire un plaidoyer politique auprès du Ministre régional de l’emploi portant sur la demande d’application de la Directive européenne dite Sanction et le principe supérieur de la victime : la transposition de cette directive exige que des victimes d’exploitation puissent déposer une plainte auprès de guichets publics de la Région de Bruxelles-Capitale tout en  étant protégées sur le territoire belge via l’obtention d’un titre de séjour temporaire.

Nous espérons ainsi rassembler des forces de la fraction la plus dominée et exploitée de la classe travailleuse, les sans-papiers, contribuer de la sorte à renforcer le pouvoir collectif des travailleur.se.s sans-papiers dans la longue lutte pour l’égalité et par là, le mouvement ouvrier lui-même.

[1]
[1] Marcel Mauss, Essai sur le don. Forme et raison de l’échange dans les sociétés archaïques, PUF, coll. « Quadrige », 2012.

[2]
[2] https://acta.zone/faire-de-lenquete-militante-aujourdhui/

[3]
[3] Davide Gallo Lassere, Frédéric Monferrand, Les aventures de l’enquête militante, Dans Rue Descartes 2019/2, (N° 96), pages 93 à 107.




Déconfinons les droits des sans papiers : Contre le virus, la régularisation c’est maintenant

Ce 4 mai marque le début d’un déconfinement progressif en Belgique.

A cette occasion, nous – citoyen·ne·s, militant·e·s, associations, syndicats, coordination des sans-papiers et plateforme qui la soutient – manifesterons à notre manière afin d’alerter les pouvoirs publics sur la situation des oublié·e·s des mesures de protection contre le  COVID-19.

Exprimons notre solidarité avec les sans-papiers ! Exigeons que la situation spécifique des sans-papiers soit prise en compte par les pouvoirs publics ! Portons le message à travers tout le pays en plaçant  des banderoles ou affiches à nos fenêtres et en diffusant des photos sur  les réseaux sociaux !

Dès ce lundi 4 mai, exprimons notre soutien aux sans-papiers et exigeons que leur situation spécifique soit prise en compte par les pouvoirs publics en plaçant des banderoles et affiches à nos fenêtres et en manifestant sur les réseaux sociaux !

Envoie-nous tes photos avec le message de solidarité de ton choix sur la page Facebook…

Messages possibles :

  • Pour l’égalité des droits : régularisons les sans-papiers !
  • Pour combattre le COVID-19, régularisons les sans-papiers !
  • La Belgique peut aussi régulariser les sans-papiers !
  • La régularisation : une volonté politique !
  • La régularisation c’est humain et juste !
  • Nous sommes toutes et tous citoyens du monde : nous régulariser c’est juste et humain !
  • Pour une protection nationale, la Belgique doit régulariser les sans-papiers !
  • Pour revalider les droits humains : régularisons les personnes sans papiers !

 

Exemples de #hashtags à utiliser :

  • #LaBelgiquePeutAussiRégulariserLesSansPapiers
  • #UneSeuleSolutionRégularisation #PourLaSantéDeTousRégularisation
  • #DemainDansLaRuePourLaRégularisation
  • #LaRegularisationCestMaintenant

Tu veux nous soutenir ?




Les rendez-vous du 8 mars du MOC Bruxelles et ses organisations…

Après notre journée de préparation pour le 8 mars où les militantes de la CSC Bxl, la Ligue des travailleuses domestiques et de Vie Féminine Bruxelles ont partagé leurs constats sur la non reconnaissance et l’épuisement des femmes dans le travail de soins aux autres que celui-ci soit payé ou non, le 8 mars, elles revendiqueront l’importance de la reconnaissance sous toutes ses formes de travail si essentiel pour la société. 

On espère que vous serez nombreux.ses à participez aux nombreuses activités et actions de la journée. voici une liste des rendez-vous et actions de nos organisations pour participer au 8 mars à Bruxelles :

Toute la matinée à partir de 10h La Ligue des travailleuses domestiques de la CSC-MOC Bxl, témoignera dans l’émission télé « spécial 8 mars » de Zin TV diffusée en direct et co-organisée par plusieurs associations. Les femmes sans papiers de la ligue témoigneront de leur exploitations dans le travail domestique et leur lutte pour la reconnaissance de leur travail et des papiers. Plus d’infos sur Zin TV.

11h Palais de justice (place Poelart) pour faire du bruit pour les droits avec Vie Féminine. Vie Féminine Bruxelles appelle à la grève des femmes en solidarité avec les femmes du monde entier. Amenez vos casseroles pour revendiquer les droits des femmes. Plus d’infos : Louise Metrich.

12h Place de la Monnaie: La CNE commerce organise un rassemblement contre le travail du dimanche parce que tout le monde devrait avoir le droit de profiter de son dimanche.

13h : départs groupés pour la manifestation organisés par vie féminine Bruxelles:

  • depuis la Maison Mosaïque de Laeken (rue Tielemans 11, 1020 Laeken)
  • depuis la Maison Couleur Femmes, chaussée de Haecht 176, 1030 Schaerbeek

13h30 au carrefour de l’Europe (Gare centrale – sous le porche à côté le Carrefour Express) nos organisations vous donnent rendez-vous pour participer ensemble à la Marche organisée par la Marche Mondiale des Femmes qui partira à 14h. Apportez de quoi faire du bruit avec vos casseroles, cuillères en bois, un tissu violet (couleur symbolisant les luttes féministes pour les droits des femmes) et vos bannières.

La campagne  « De l’air, les Femmes CSC veulent plus de temps pour l’égalité ! » revendique des solutions collectives au sein de la protection sociale pour l’accueil et le soin de nos proches. Sans ces services ce travail domestique gratuit est assumé pour 2/3 par des femmes ce qui leur laisse peu de temps pour de se former, prendre du temps pour lire, se reposer. Le 8 et le 9 mars elles mèneront une série d’activités en entreprises.